Dennis Schneider (texte)

L’accès aux données se précise pour les ateliers indépendants. Depuis le 23 septembre, les constructeurs automobiles doivent fournir aux prestataires indépendants de solutions de diagnostic les informations techniques nécessaires pour connecter leurs systèmes aux interfaces des véhicules. Dans les ateliers, ces nouvelles possibilités ne deviendront toutefois réalité qu’une fois intégrées aux appareils et logiciels des différents fournisseurs. Le règlement (UE) 2026/699 fixe ainsi la première échéance contraignante d’une ouverture progressive des données de diagnostic et de réparation.

Une enquête de la Commission européenne donne la mesure du retard accumulé : 93 % des ateliers agréés par les constructeurs déclarent disposer d’un accès aux données en lecture et en écriture. Parmi les entreprises indépendantes, cette proportion tombe à 48 %. Pour les entreprises de carrosserie, ces informations peuvent se révéler déterminantes lors d’un diagnostic, du remplacement et du codage d’un calculateur ou encore du calibrage des systèmes ADAS après une réparation.

La prochaine étape interviendra le 23 décembre. Pour certains types de véhicules, des interfaces devront alors être disponibles, notamment pour le codage des variantes, l’identification des pièces de rechange correspondantes et la programmation des calculateurs. D’autres informations de réparation liées au véhicule viendront s’y ajouter en juin 2027. De nouvelles obligations s’appliqueront également à certaines homologations plus anciennes. Quant aux fonctions nécessitant des mises à jour logicielles, leur déploiement s’échelonnera jusqu’en juin 2028.

Le règlement européen ne s’applique pas automatiquement à la Suisse. L’accord conclu avec l’Union européenne lie toutefois la reconnaissance réciproque des homologations de type des véhicules à l’adaptation du droit suisse aux prescriptions communautaires. Comme le nouveau texte modifie le règlement européen 2018/858 relatif à la réception par type, la pression en faveur d’un alignement paraît bien réelle.

Aucun délai de mise en œuvre n’a toutefois été publié à ce jour en Suisse. Pour les entreprises du pays, la question décisive reste donc de savoir si les fournisseurs de solutions de diagnostic activeront également ces fonctions sur le marché helvétique – et à quelles conditions.