Dennis Schneider (texte)

Une grande pièce moulée permet à Volvo de supprimer, en usine, de nombreux composants et opérations d’assemblage. Après un choc arrière, la question se pose toutefois en d’autres termes pour les carrossiers. Aux Journées de la carrosserie d’Aix-la-Chapelle, Volvo a présenté pour la première fois au public la caisse en blanc de l’EX60. Dans la partie arrière du plancher, une pièce moulée en aluminium de 43 kilos remplace une centaine d’éléments de carrosserie conventionnels.

Volvo indique que cette mégacoulée est divisée en zones de réparation. Les parties endommagées pourraient être remises en état de manière ciblée ou remplacées au moyen d’éléments prévus à cet effet, sans qu’il soit nécessaire de changer l’ensemble de la pièce. Une réparation conforme aux prescriptions du constructeur devrait permettre à la structure de retrouver le niveau de sécurité d’un véhicule neuf.

Pour les ateliers, tout se jouera dans les détails : où se situent les zones de découpe autorisées ? Quelles parties peuvent être réparées ou remplacées ? Comment la structure doit-elle être mesurée et contrôlée, et quels procédés d’assemblage sont prescrits ? Les explications publiques de Volvo évoquent des zones de réparation et des pièces de remplacement, sans encore préciser les méthodes à appliquer ni les limites des dommages admissibles.

En cas de dégâts importants, il faudra également tenir compte de la batterie. Sur l’EX60, celle-ci est intégrée à la structure du véhicule selon le principe Cell-to-Body. Batterie et pièce moulée constituent deux éléments distincts ; un dommage au plancher arrière obligera néanmoins les ateliers à savoir quelles structures voisines et quels composants haute tension doivent être contrôlés.

L’EX60 est déjà ouvert aux commandes en Suisse. Pour les carrossiers et les assureurs helvétiques, l’essentiel sera de savoir quels ateliers pourront effectuer ces réparations, de quel équipement ils auront besoin et combien coûtera une réparation partielle par rapport à un remplacement complet. Le mégacasting permet à Volvo de réduire les opérations en usine. Son intérêt après un accident ne se mesurera qu’à l’épreuve d’une réparation conforme aux prescriptions du constructeur.