Par Dennis Schneider

Deux semaines, une clé de voiture et étonnamment peu d’attentes : parfois, ce sont les meilleures conditions. Le Kia Sportage était simplement là, soigné sans être ostentatoire, un peu comme quelqu’un qui n’a plus besoin de prouver sa valeur. Pas de frisson au démarrage, pas de réveil moteur théâtral. À la place, une mise en route feutrée, un regard rapide sur le cockpit numérique et ce sentiment immédiat : tout va se passer calmement. Rien de spectaculaire, rien de tapageur, mais une normalité agréable – et c’est précisément ce qui intrigue.

Le turbo essence de 1,6 litre développant 180 ch (132 kW) se montre cultivé, presque poli. Le quatre-cylindres répond proprement à l’accélérateur, tandis que la boîte à double embrayage à sept rapports agit en arrière-plan, discrète comme un majordome bien éduqué. Au quotidien, le Sportage se déplace avec une grande douceur ; sur autoroute, il maintient le rythme sans effort, aidé par l’assistant autoroutier HDA 2.0, qui gère direction, distance et vitesse avec une telle évidence qu’on s’y habitue très vite – et qu’on le regrette aussitôt après. Sportif ? Non. Agréablement souverain ? Absolument.

La transmission intégrale reste la plupart du temps en retrait, mais elle apporte une sérénité perceptible sous la pluie, sur l’asphalte humide ou les routes secondaires hivernales. Combinée au sélecteur de modes de conduite, elle permet de faire varier légèrement le caractère du véhicule, sans que le Sportage ne paraisse nerveux ou artificiel. Avec environ 1 750 kg à vide, ce n’est pas un poids plume, mais l’ensemble se montre étonnamment équilibré. Le confort prime clairement sur la dynamique, un choix qui s’avère rapidement payant sur les longs trajets.

À l’intérieur, la finition GT-Line montre pourquoi elle est plus qu’un simple label sportif. Les sièges sont confortables, adaptés aux longues distances et soigneusement réalisés ; le cockpit est clair et logique. L’affichage tête haute projette les informations essentielles directement dans le champ de vision, tandis que le système audio Harman/Kardon offre un son riche, sans excès démonstratif. La caméra à 360 degrés se révèle être un héros discret du quotidien, notamment dans les parkings étroits ou lors des manœuvres en ville. Tout paraît réfléchi, rien ne donne une impression de surcharge.

Le toit panoramique – inclus dans les équipements supplémentaires – apporte lumière et sensation d’espace, en parfaite harmonie avec l’ambiance intérieure ouverte. Avec un volume de coffre de 562 litres, le Sportage reste parfaitement adapté aux courses du week-end comme aux escapades improvisées, sans devoir jouer à Tetris. À l’arrière, les sièges sont bien dessinés, la visibilité vers l’extérieur est bonne, soutenue par l’assistant d’angle mort et son affichage caméra, qui veille discrètement lors des changements de voie.

Sur le plan technique, le Sportage évolue au niveau actuel, sans extravagances futuristes. Projecteurs bi-LED, recharge inductive pour smartphone, systèmes d’assistance adaptatifs : tout est présent, tout est intelligemment intégré. Et puis il y a ce détail très suisse qui rassure : sept ans de garantie, incluant Kia Connect, ce qui rend la détention à long terme nettement plus sereine.

Côté prix, le véhicule d’essai montre clairement la direction prise. Le prix de base du modèle s’établit à 52 650 francs ; avec la peinture Deluxe White et le toit panoramique, l’exemplaire testé atteint 54 940 francs. Une somme conséquente, certes. Mais au regard de l’équipement, de la qualité perçue et de l’aptitude à l’usage quotidien, le Sportage ne semble ni excessif ni artificiellement gonflé, mais plutôt calculé avec une honnêteté surprenante. D’autant plus que l’entrée de gamme en version deux roues motrices débute à 35 950 francs – un écart important, mais cohérent.

Après deux semaines, une impression domine : le Kia Sportage GT-Line ne cherche pas à jouer les héros. Il veut fonctionner, accompagner, soulager. Et c’est précisément là que réside sa force. Pas de mise en scène, pas de vacarme – simplement un compagnon agréable, qui convainc au quotidien plus efficacement que bien des prétendus acteurs premium.

 

Kia Sportage 1.6 T-GDi DCT 4x4 GT-Line (véhicule d’essai)
Prix du véhicule d’essai 54 940 francs
Transmission / moteur Transmission intégrale, 180 ch / 132 kW
Cylindrée 1 598 cm³
Boîte de vitesses Double embrayage à 7 rapports (DCT)
0 – 100 / vitesse de pointe env. 8,8 sec / 201 km/h
Consommation (WLTP) 7,9 l / 100 km
Émissions de CO₂ (WLTP) 180 g/km
Longueur / largeur / hauteur 4,52 / 1,87 / 1,65 m
Poids à vide env. 1 750 kg
Coffre 562 à 1 751 litres