Par Heinz Schneider (texte) et Dennis Schneider (photos)
Au volant d’une Alpine A290, on ne passe jamais sous le radar. On n’est jamais incognito. Cette voiture se fait remarquer, elle récolte les compliments et des applaudissements du public. Dans ces petits moments, on se sent presque pris en flagrant délit, alors qu’on ne fait en réalité rien d’interdit. On conduit simplement une voiture. Mais pas n’importe laquelle : une auto très voyante, reconnue immédiatement par les initiés. Au fond, le modèle A290 est une « R5 E-Tech » de la maison-mère Renault, enrichie de nerf et profondément retravaillée sur le plan esthétique. S’agit-il de nostalgie ? Oui. Mais pas sous forme de citations faciles : plutôt comme une essence soigneusement distillée. Le constructeur Alpine n’a pas simplement déguisé l’A290, il l’a réinterprétée – avec une note sportive et un concept étonnamment clair.
Ce concept est rapidement expliqué : moteur électrique à l’avant, batteries logées bas dans le plancher, voies élargies, caisse rabaissée, barres stabilisatrices plus fermes, amortisseurs spécifiques, freins plus performants, jantes de 19 pouces ainsi que d’imposants seuls noirs. A cela s’ajoute une puissance accrue. La version de base développe 177 chevaux, tandis que notre voiture d’essai, le modèle haut de gamme GTS, performe avec 220 ch. Des chiffres certes. Mais ce qui compte, c’est leur effet sur route.
En bref, cette GTS incarne un maximum de raffinement et de sportivité, sans jamais basculer dans l’ostentatoire. Dès que l’on prend place à bord, on comprend qu’Alpine n’a pas simplement décliné une R5, mais a créé un modèle bien distinct. Le méplat inférieur du volant permet une parfaite mise en main, presque comme une promesse. A gauche, le sélecteur bleu « RCH » règle l’intensité de la récupération d’énergie ; à droite, le bouton « Drive Mode » permet de choisir les programmes de conduite. Et, trônant au-dessus, le fameux bouton rouge OV « Overtake ». Ce n’est pas un tour de magie mécanique, mais une manière élégante d’augmenter le potentiel de puissance sur dix secondes à la demande – par exemple pour un dépassement.
Dans l’habitacle, on a misé sur la sportivité sans sacrifier l’usage quotidien. Pédales en aluminium, inserts en alu – notamment sur les tweeters des montants A, surfaces moussées. La qualité se retrouve également dans un système audio hi-fi de premier ordre et dans d’excellents sièges. L’équipement de série est presque complet. Notre modèle d’essai est toutefois réhaussé de quelques extras : drapeaux français sur les montants C, jantes alu de 19 pouces, étriers de frein bleus, peinture « Bleu Alpine ». Résultat : le prix de base passe de 43 700 à environ 47 000 francs. Est-ce beaucoup pour une petite voiture ? Oui. Mais elle a tellement de caractère.
Le réglage du châssis entre sport et confort est parfaitement bien équilibré. L’A290 n’est pas une puce nerveuse, mais une petite sportive étonnamment adulte, parfaitement à l’aise en ville. Grâce au rayon de braquage serré de 10,3 mètres et à la direction bien calibrée, la conduite en ville devient un vrai plaisir. À l’avant, on est confortablement installé – ce qui n’est pas une évidence pour une voiture qui ne mesure que 3,92 mètres de long. À l’arrière, l’espace est bien-sûr plus restreint, surtout pour les genoux lorsque les passagers avant ont réglé les sièges pour le confort de leurs jambes. En ce qui concerne la place pour la tête, on est agréablement surpris.
Venons-en à la conduite. La voiture a de bonnes reprises. Avec environ 1500 kilos sur la balance, l’A290 reste relativement légère pour une électrique, et cela se ressent à chaque virage. Sa tenue de route est bonne et son freinage est précis et efficace. Le moteur délivre 200 Nm de couple, disponibles instantanément. Pas d’hésitation, pas de temps mort. La petite Alpine attaque les courbes avec entrain. Et elle amuse avec sa sonorité artificielle qui évoque un moteur thermique tournant à haut régime. En mode Sport, d’une simple pression, le son se fait plus présent. On peut débattre de l’utilité de ce gadget. Mais on se surprend à sourire . . . et à l’activer de nouveau.
L’alpine A290 GTS n’est pas une voiture pour une personne lambda. Elle se démarque dans le paysage routier. Et elle est l’une de ces rares voitures électriques qui n’ont pas besoin d’expliquer pourquoi elles procurent du plaisir. Elles le font, tout simplement.
| Alpine A290 GTS | |
| Prix à partir de | 43 700 francs |
| Transmission / moteur | avant, 220 ch / 300 Nm |
| Capacité de batterie | 52 kWh (net) |
| 0 – 100 / vitesse max. | 6,4 sec. / 170 km/h |
| Consommation (WLTP) | 17,0 kWh / 100 km |
| Autonomie (WLTP) | 364 km |
| Longueur / largeur / hauteur | 4,00 / 1,82 / 1,51 m |
| Poids à vide | env. 1570 kg |
| Coffre | 300 à 325 litres |