La présentation à San Francisco remonte déjà à quelques semaines. En temps normal, un tel showcar aurait depuis longtemps disparu dans le brouillard numérique. Celui-ci, pourtant, reste en mémoire. Non pas parce qu’un constructeur promet une nouvelle poignée de chevaux électriques supplémentaires, mais parce que Dreame pousse le curseur un cran plus loin: les Chinois veulent désormais, semble-t-il, construire des voitures à propulsion par fusée.
Dreame? Oui, précisément: ce groupe technologique chinois connu jusqu’ici surtout pour ses robots aspirateurs, ses aspirateurs sans fil et ses appareils ménagers. Place désormais à l’hypercar plutôt qu’au petit électroménager. Selon l’entreprise, la Nebula «NEXT 01 JET Edition» ne se contenterait pas d’une propulsion électrique: elle serait également assistée par deux boosters à propergol solide. L’annonce est à la hauteur de l’effet recherché: 0 à 100 km/h en 0,9 seconde, un temps de réaction de 150 millisecondes et une poussée maximale de 100 kilonewtons.
Cela ressemble à de la science-fiction, mais il serait trop facile de balayer l’affaire comme une simple plaisanterie. Ces dernières années, les constructeurs chinois ont démontré avec force qu’ils ne se contentaient plus de copier: ils développent, industrialisent et mettent sur le marché à un rythme impressionnant. Dans le cas de Dreame, une saine dose de scepticisme reste toutefois nécessaire. Car les données concrètes sur la batterie, l’autonomie, le poids, le prix, l’homologation ou un calendrier de lancement ferme manquent toujours. Et un booster à propergol solide n’est pas exactement un mode Sport un peu plus affûté: c’est un élément pyrotechnique qui appelle quelques explications sérieuses.
Sur le plan technique, Dreame garnit son concept des grands mots-clés du moment: Steer-by-Wire, Brake-by-Wire, châssis actif, LiDAR et fonctions de conduite autonome avancées. Il faut comprendre par là des systèmes de direction et de freinage électroniques, sans liaison mécanique directe classique, un châssis capable de s’adapter en continu à la vitesse et à l’état de la route, ainsi que des scanners laser destinés à cartographier l’environnement en trois dimensions. En clair, la Nebula ne veut pas seulement aller vite: elle entend embarquer tout l’arsenal de la mobilité high-tech. Le tout ressemble au menu complet de l’électromobilité moderne, dessert spatial inclus. Reste à savoir si cela donnera un jour naissance à une voiture réellement homologable pour la route. Pour l’heure, la JET Edition semble surtout destinée à jouer le rôle de porte-drapeau spectaculaire.
L’offensive automobile de Dreame n’est toutefois pas sortie de nulle part. Selon plusieurs médias, l’entreprise travaille à la constitution de sa propre équipe automobile et aurait également étudié des plans de production en Europe. Un premier modèle électrique de luxe pourrait suivre au plus tôt en 2027. Dans cette perspective, la Dreame à fusées serait moins un véhicule de série imminent que la carte de visite la plus bruyante possible.
La Nebula «NEXT 01 JET Edition» demeure ainsi, pour l’instant, un point d’exclamation roulant: à mi-chemin entre promesse technologique et mise en scène. Dreame mérite d’être pris au sérieux comme nouvel acteur potentiel de l’automobile. Quant à la propulsion par fusée, mieux vaut encore garder une certaine distance – et pas seulement sur le plan journalistique.