Rédaction de Carwing (texte)
Fin septembre, Crans-Montana s’est transformée, le temps d’un week-end, en succursale très exclusive de Toledo, dans l’Ohio, l’un des hauts lieux historiques et industriels de Jeep. Là où, d’ordinaire, les golfeurs peaufinent leur handicap et les randonneurs profitent du décor valaisan, ce sont les pneus à gros crampons, les rapports courts et une bonne dose de poussière et de boue qui ont donné le ton. Des centaines de fans de Jeep venus de Suisse et des pays voisins avaient fait le déplacement avec leurs véhicules, du vénérable Willys au dernier-né de la famille.
Ici, il était moins question de faire briller les carrosseries que de célébrer ce que Jeep incarne depuis des décennies : la liberté, l’esprit d’aventure et le goût du partage. Des notions qui peuvent paraître un peu grandiloquentes dans une brochure, mais qui prennent soudain tout leur sens entre éboulis, gravier et pentes forestières.
Les festivités ont débuté avec le traditionnel « Jeeping ». Long d’environ 25 kilomètres, le parcours tout-terrain traverse les paysages spectaculaires autour de Crans-Montana. Tantôt sur terrain meuble, tantôt dans des passages plus raides, il offre largement de quoi laisser travailler la mécanique loin de l’asphalte. Le mélange des générations faisait tout le charme de l’exercice : des Jeep modernes bardées d’assistances électroniques côtoyaient des classiques dont les conducteurs misaient encore, tout naturellement, sur le doigté, l’expérience et, parfois, un bon coup de gaz.
Les parcours d’obstacles faisaient encore monter le rythme cardiaque. Montées et descentes abruptes, passages délicats dans la gravière et sections spectaculaires dans le canyon exigeaient bien plus que de la garde au sol et de la motricité : il fallait surtout garder son calme au volant. Ici, celui qui en fait trop se retrouve vite rappelé à l’ordre. En tout-terrain, le courage ne suffit pas : la précision l’emporte étonnamment souvent sur l’héroïsme.
En dehors des pistes, l’ambiance se faisait nettement plus détendue. Le site du festival proposait accessoires, merchandising, restauration et diverses activités pour petits et grands. On discutait pneus, débattement de suspension et restaurations, on admirait les préparations et l’on constatait une fois de plus que peu de marques savent réunir leur communauté avec autant de naturel, toutes générations confondues.
Le grand spectacle est venu avec la parade dans Crans-Montana. Des centaines de Jeep ont défilé dans les rues sous les yeux de nombreux spectateurs. Du dépouillé Willys, qui conserve davantage l’allure d’un outil que d’un objet lifestyle, au Wrangler devenu une véritable icône, jusqu’aux modèles les plus récents, toute l’histoire de la marque s’est offerte en mouvement au public.
Au final, le souvenir dominant reste celui d’un week-end où Jeep n’a pas seulement fonctionné comme une marque automobile, mais comme un véritable trait d’union. Un peu d’aventure, beaucoup de passion et cette agréable constatation : parfois, la liberté commence vraiment là où s’arrête l’asphalte.