Dennis Schneider (Texte)
780 ch, 98 kilomètres au compteur et, désormais, un huissier pour orchestrer la suite : une Lamborghini Aventador Ultimae Roadster sera la pièce maîtresse d’une vente judiciaire organisée le 24 octobre 2026 au musée Mercedes-Benz de Stuttgart. Au catalogue figurent 15 voitures, dont quatre Lamborghini, trois motos et quatre montres de luxe.
L’Aventador verte, construite en 2022, appartient à une série limitée à 250 exemplaires. Sa mise à prix est fixée à 380 000 euros, tandis que l’estimation du catalogue atteint 790 000 euros. L’expertise succincte de Classic Data attribue à son état la note 1. Le dernier entretien remonte à janvier 2025, à 95 kilomètres. Depuis, le catalogue ne fait état que de trois kilomètres supplémentaires.
La Huracán STO n’a guère davantage fréquenté la route : elle affiche 71 kilomètres pour une mise à prix de 130 000 euros. L’Urus Performante, qui totalise 20 981 kilomètres, sera proposé à partir de 90 000 euros. Même montant de départ pour une Huracán Super Trofeo EVO2 de 620 ch. Cette voiture exclusivement destinée à la compétition n’est pas homologuée pour la route ; son moteur n’a pas été démarré lors de l’expertise.
Ces véhicules proviennent de différentes procédures pénales. Selon l’agence dpa, une partie des biens proposés est liée à une enquête sur un héritage en cryptomonnaies qui aurait été dissimulé. Une femme est soupçonnée d’avoir soustrait des cryptoactifs à la succession de son frère et de les avoir cachés au fisc afin d’éluder les droits de succession. Selon le Landeskriminalamt, la police criminelle du Land, le patrimoine du défunt aurait avoisiné 100 millions d’euros.
Deux hommes auraient participé à la dissimulation et reçu, en contrepartie, des cryptoactifs d’une valeur de plusieurs millions d’euros chacun. Un signalement de soupçon de blanchiment émanant de la Bourse de Stuttgart a déclenché les investigations. Lors de perquisitions menées en mars 2026, les enquêteurs ont saisi des cryptoactifs alors évalués à quelque 64 millions d’euros, ainsi que des voitures, des motos et des montres.
Les autorités ne précisent pas quels véhicules du catalogue sont liés à cette affaire. La vente rassemble des biens issus de plusieurs dossiers, dont des affaires de trafic de stupéfiants déjà jugées. Les personnes visées par les procédures en cours bénéficient de la présomption d’innocence.
Certains biens sont vendus avant l’issue des procédures afin d’éviter leur dépréciation et des frais de conservation élevés. Le produit de leur vente reste, dans un premier temps, consigné dans le cadre de la procédure.