La Ferdinand S ne fait pas de manières. Elle ne s’attarde pas sur ses origines – elle agit. Ce qui commence sur la base classique d’une Porsche 964 aboutit à une machine de conduite radicalement modernisée, impossible à ranger dans la case « oldtimer » ou « voiture neuve ». La Ferdinand S est le fruit d’une transformation totale, avec un objectif clair : dynamique de conduite maximale, technique sans compromis, zéro cosmétique.
Le moteur donne le ton d’entrée. Quatre litres de cylindrée, 360 ch, 420 Nm – et pas seulement sur le papier. À la place des câbles mécaniques, un système moderne de commande électronique « drive-by-wire » régule pédale et papillon des gaz. Le pied donne l’impulsion, l’électronique la transmet – sans détour, sans délai, mais avec une précision chirurgicale. Résultat : une réactivité digne du sport auto. Pas de débitmètre, pas de filtre à sensations – mais un moteur qui semble avoir été libéré manuellement par un ingénieur de course. Collecteur d’admission en aluminium, résonateur, filtre sport – tout ici est dicté par la fonction. L’échappement haute performance à collecteur 6-en-2 et double sortie centrale fait le reste : moins de chaleur, plus de son, pas d’excuses.
Ajoutez une boîte manuelle à cinq rapports – non pas par nostalgie, mais parce que le contrôle ne se numérise pas. Conduire, c’est ressentir. Pas cliquer. L’embrayage sport mord sans détour, la boîte est précise – tout est centré sur le conducteur, pas sur son confort. Aucun assistant ne prétend mieux savoir. Juste de la mécanique pure, obéissante à la moindre commande.
Que le châssis ait été réglé par Marcel Fässler, vainqueur du Mans, peut sembler un détail – c’est tout sauf anecdotique. Le système MCS à double réglage compression/détente transmet fidèlement les imperfections de la route. Chaque centimètre d’asphalte devient une information. Le « Carbon Ducktail », un aileron arrière en forme de queue de canard, développé en interne, allège l’ensemble et génère un appui réel à l’arrière. Pas un clin d’œil rétro – un composant fonctionnel, clair dans son propos : ici, pas de nostalgie, mais de l’attaque.
L’habitacle suit la même logique : aucun plastique. Pièces en aluminium usinées, unité de climatisation dédiée, matériaux nobles – tout est pensé pour la conduite. Pas d’écrans, pas de surfaces tactiles à la mode. Seulement de vrais interrupteurs, du vrai savoir-faire, du vrai toucher. La plaque « Ferdinand S » sur le tableau de bord n’est pas une coquetterie – c’est un avertissement : ici, rien n’a été simplement installé – tout a été construit.
Quatre exemplaires sont déjà vendus. Pas de campagne, pas de marketing, pas de slogans. La Ferdinand S ne s’adresse pas aux collectionneurs – elle parle aux conducteurs. Elle ne cherche pas à être admirée, mais pilotée. Monter à bord, c’est choisir un parti : contre le fade, contre la simulation numérique, contre le compromis.
Car la Ferdinand S n’est pas un hommage au passé – c’est un non franc et massif à l’insignifiance automobile d’aujourd’hui.