Par Dennis Schneider (Texte)

L’hiver est un juge honnête. Il dépouille chaque voiture électrique de la poésie des brochures et ne garde que l’essentiel du quotidien : l’agrément de conduite, l’ergonomie, la réalité de la recharge – et cette question très concrète : à quel point arrive-t-on détendu tout là-haut, dans les montagnes grisonnes ?

C’est précisément là que le Škoda Enyaq 85x trouve naturellement sa place. Dans la configuration essayée, il se présente en transmission intégrale avec 286 ch, peint en Olibo Green, avec l’intérieur « Lounge » – et un tarif de 66 530 francs (base : 54 300 francs). S’y ajoutent des options attendues comme le toit panoramique ouvrant, les jantes de 21 pouces et l’attelage. Le grand levier s’appelle pack Maxx (5 860 francs) : il apporte des sièges avant à réglage électrique avec mémoire et massage, l’amortissement piloté DCC, la direction progressive ainsi qu’un assistant de stationnement capable « d’apprendre » des manœuvres et même de les exécuter à distance.

Sur la route, l’Enyaq fait exactement ce qu’on attend d’un Škoda moderne : il se conduit à merveille. Les départs sont vigoureux, sans nervosité, et la mise au point paraît mature et très facile à maîtriser – notamment sur revêtements changeants et dans les longues courbes. Grâce au DCC et à la direction progressive (présents sur notre véhicule via le pack Maxx), le réglage se module clairement : glisse détendue ou comportement plus tenu, selon la précision que la route réclame.

La première impression, dehors comme dedans : soignée, moderne, ordonnée. Le poste de conduite ne ressemble pas à un simple support pour tablette, mais à un ensemble pensé avec logique. L’écran d’infodivertissement de 13 pouces trône au centre et, selon l’équipement, un affichage tête haute avec contenus en réalité augmentée s’y ajoute : autrement dit, les informations ne sont pas seulement projetées sous forme de chiffres dans le champ de vision, elles sont « posées » visuellement dans le monde réel – par exemple des flèches de navigation qui semblent apparaître sur la chaussée, complétées par des indications de guidage dans la voie ou de distance. Et oui : l’exécution Lounge a quelque chose de cossu, sans tomber dans le tape-à-l’œil – pas du velours classique, mais un mélange de tissu, de simili-cuir et de « Suedia », une microfibre à l’aspect velouté, avec surpiqûres contrastées.

Techniquement, le 85x incarne la grande batterie et la transmission intégrale : 82 kWh bruts (77 kWh nets), 210 kW de puissance système, 0 à 100 km/h en 6,7 s, vitesse de pointe 180 km/h. Côté recharge, la famille Enyaq propose systématiquement 11 kW en courant alternatif ; en charge rapide, la puissance varie selon la version. L’Enyaq 85 (propulsion) monte jusqu’à 135 kW, tandis que l’Enyaq 85x – notre voiture d’essai – atteint jusqu’à 175 kW, ce qui permet de passer de 10 à 80 % en environ 28 minutes dans des conditions idéales. Au quotidien, la pompe à chaleur se révèle en plus précieuse, surtout quand le thermomètre passe sous zéro.

Et c’est là que l’hiver grison entre en scène. WLTP et Alpes font rarement bon ménage. Škoda annonce pour le 85x, selon la configuration, une autonomie WLTP maximale pouvant atteindre 549 kilomètres – un chiffre plus facile à approcher avec des températures clémentes, des conditions optimisées et des pneus adaptés qu’avec le froid, le dénivelé et la chaussée hivernale. Dans la réalité, l’autonomie se contracte naturellement lorsque les températures chutent et que la batterie est froide. Ce n’est pas un « problème Škoda », c’est de la physique – raison de plus pour rappeler que, dans la vraie vie, la gestion thermique, la puissance de recharge et une planification de trajet intelligente comptent davantage que n’importe quel chiffre de brochure.

Ce qui est nouveau par rapport au modèle précédent, ce n’est pas tant le principe que la rigueur du travail de perfectionnement. Le plus visible : la nouvelle face avant au style « Modern Solid ». À l’avant, la façade Tech-Deck noire brillante remplace l’ancienne allure, avec un bandeau lumineux marquant et l’inscription Škoda sur le capot ; à l’arrière, le lettrage se montre lui aussi plus présent. En option, une « Crystal Face » éclairée est disponible, et Olibo Green fait partie des nouvelles teintes – choisie d’emblée sur notre exemplaire.

Sous la carrosserie, l’enjeu est l’efficacité plutôt que l’esbroufe. L’aérodynamique a été améliorée ; Škoda annonce selon les variantes un coefficient de traînée pouvant descendre jusqu’à 0,245 – et c’est précisément là que se jouent les gains d’autonomie promis par la mise à jour. Les proportions, elles, restent pratiquement inchangées : on n’est pas face à un « nouveau modèle », mais à un best-seller soigneusement peaufiné.

À bord, on remarque que Škoda pousse encore davantage la logique d’équipement et l’usage quotidien vers le « simple et évident ». De nouvelles lignes d’équipement mettent l’accent sur des matériaux plus durables, l’ambiance a été actualisée – avec notamment l’inscription Škoda sur le volant – et l’Enyaq paraît moins froidement technologique, plus accueillant. Pratique, il l’est de toute façon : le coffre offre 585 litres et grimpe à 1 710 litres une fois les sièges rabattus – exactement ce qu’il faut pour les skis, la poussette ou les courses hebdomadaires en plein hiver.

Côté logiciel et assistances, la mise à jour se ressent le plus clairement. L’application MyŠkoda a été enrichie et doit en faire davantage au quotidien – des actualisations aux informations plus détaillées autour de la recharge. De nouvelles fonctions de stationnement s’y ajoutent : à côté d’assistants améliorés, Škoda décrit le stationnement à distance et le « stationnement appris », où la voiture répète seule une manœuvre préalablement enregistrée. Les aides à la conduite ont elles aussi été affinées, par exemple avec un assistant de conduite sur autoroute amélioré qui exploite des données issues de la flotte.

Au final, l’Enyaq ne cherche pas à tout réinventer – il progresse là où cela compte : design modernisé, aérodynamique optimisée, logique d’utilisation plus claire, davantage de confort d’assistance. Dans les montagnes grisonnes, on se soucie moins de l’optimisme WLTP que de cette impression de rouler dans une voiture cohérente, sûre et souveraine. Et c’est exactement ce que réussit l’Enyaq 85x : il donne le sentiment de ne pas craindre l’hiver – seuls les chiffres de brochure devraient, eux, se méfier.

 

Škoda Enyaq 85x  4x4 
Prix (voiture d’essai / base) 66 530 fr. / 54 300 fr.
Transmission / moteur électrique 4x4, 286 ch / 545 Nm
Capacité de batterie 82 kWh (brut) / 77 kWh (net)
Recharge AC / DC 11 kW / jusqu’à 175 kW
0–100 / vitesse max. 6,7 s, 180 km/h
Consommation (WLTP) 16,0–17,0 kWh / 100 km
Autonomie (WLTP) jusqu’à 547 km
Longueur / largeur / hauteur 4,66 / 1,88 / 1,61 m
Poids à vide env. 2285 kg
Coffre 585 à 1710 litres