Dans le monde des anciennes, lorsqu’on parle de préserver la technique d’autrefois, on pense souvent chromes, patine et belles histoires. La « Communauté d’intérêts des restaurateurs de véhicules Suisse » (IgFS), elle, vise quelque chose de plus sobre – et précisément pour cela de plus essentiel: un savoir-faire qui ne quitte pas l’atelier avec la dernière génération de maîtres artisans. Depuis 2011, elle s’engage pour la sauvegarde de ce know-how et pour la relève, autrement dit pour ce travail de fond sans lequel même la plus belle voiture d’avant-guerre ne finirait bientôt plus que comme pièce de musée immobile.
Un jalon important a été posé en 2015 avec le lancement de la formation en cours d’emploi, reconnue au niveau fédéral, en technique automobile. La preuve que la restauration de véhicules historiques n’est plus seulement considérée comme une affaire de passionnés et de savoir transmis de seconde main, mais bien comme une discipline sérieuse, avec un avenir.
La 15e assemblée générale, tenue à Aarberg (BE), a désormais apporté plusieurs nouveautés. En Suisse romande, où la communauté d’intérêts est en plein développement, un comité propre s’est constitué: avec Renato Pacifico, de Genève, Corinne de Pasquale, de Bassins, Michel Tinguely, de Farvagny, ainsi que Samantha Loup, du Brassus, et Kywyo Colarusso, de Genève. Le fait qu’un deuxième cursus de restaurateurs y ait déjà démarré en novembre 2025 avec neuf participants montre une chose: le sujet suscite un réel intérêt.
Un nouveau chapitre s’est aussi ouvert sur le plan des personnes. Patrice Walter, jusqu’ici vice-président et, depuis 2022, responsable au sein du comité pour la Suisse alémanique, a été élu nouveau président. Son prédécesseur Christian Ackermann lui a remis symboliquement la « gestion moteur de l’IgFS » – une image bien trouvée pour une organisation qui veille depuis des années à ce que le patrimoine roulant ne se contente pas de briller, mais soit aussi préservé dans les règles de l’art. Walter est le fondateur de « Walter Historische Sportwagen AG », à Bachenbülach (ZH). Il a transmis son entreprise à un successeur l’an dernier, tout en continuant à y travailler. On peut y voir un bon signal: la relève n’est pas confiée à quelqu’un qui ne connaîtrait les oldtimers que depuis une salle de séance.
Ackermann, de son côté, membre fondateur et figure marquante de l’association porteuse depuis ses débuts, ne range pas simplement les outils pour aller se garer au dépôt. Il reste président du comité de pilotage et continuera ainsi d’assurer le lien avec l’IgFS. Cela paraît judicieux. Dans un milieu où l’expérience se remplace rarement par autre chose – sauf, peut-être, par encore plus d’expérience.
Cela s’inscrit parfaitement dans la prochaine étape. Dans le cadre de la révision de la profession, la formation proposera dès fin 2026 deux orientations. L’objectif est notamment de répondre à la forte demande dans le domaine des véhicules anciens plus récents, comme l’a expliqué Beat Schmid, membre du comité et responsable de la formation professionnelle. C’est le reflet d’une évolution que bien des ateliers connaissent déjà: la scène s’élargit, les voitures se diversifient. Avec 104 membres, dont 78 entreprises spécialisées, l’IgFS agit à un endroit névralgique – là où se rejoignent tradition, formation et métier.