Par Dennis Schneider (texte)
Le Land Cruiser est né à une époque où les tout-terrain étaient encore des outils, pas des salons roulants. Ses origines remontent à 1951, il porte ce nom depuis 1954, et au fil des décennies, ce 4x4 anguleux s’est taillé une réputation presque intouchable: robuste, endurant, conçu pour aller là où d’autres renoncent depuis longtemps. C’est précisément cet héritage que Toyota remet aujourd’hui au premier plan. Le nouveau Land Cruiser revendique clairement son histoire de franchisseur sans compromis, sans pour autant tourner le dos aux exigences contemporaines en matière de confort.
Au centre de cette évolution figurent deux nouvelles lignes d’équipement, qui donnent au grand Toyota deux expressions bien distinctes. La version «Style» s’adresse clairement à ceux qui voient d’abord dans le Land Cruiser un pur spécialiste du terrain. Les phares ronds rappellent l’histoire de la lignée, auxquels s’ajoutent des barres de toit et une teinte exclusive Smokey Blue Metallic. Mais l’essentiel est ailleurs: cette déclinaison embarque surtout la technique qui compte hors des sentiers battus, avec un différentiel arrière à verrouillage électronique, une barre stabilisatrice avant déconnectable pour davantage d’articulation, l’aide à la descente, le Crawl Control ainsi que les systèmes Multi-Terrain Monitor et Panorama Monitor. Il ne s’agit pas d’un simple clin d’œil nostalgique, mais d’une déclaration d’intention: le Land Cruiser ne veut pas seulement évoquer l’aventure, il entend toujours l’assumer.
La version «Invincible» adopte, elle, une tout autre tonalité. Toyota y met davantage l’accent sur le confort, le style et la technologie embarquée. Sellerie cuir, sièges avant à réglage électrique, fonctions de chauffage et de ventilation à l’avant, sièges latéraux arrière chauffants, système audio JBL à 14 haut-parleurs, affichage tête haute et rétroviseur numérique: le Land Cruiser se lit ici dans une interprétation nettement plus raffinée. Sur le plan technique aussi, le positionnement diffère. À la place du différentiel arrière à verrouillage électronique, cette version reçoit un différentiel Torsen, censé favoriser surtout le comportement sur route. Une configuration à sept places est en outre proposée en option.
Malgré ces deux caractères affirmés, la base commune reste limpide. Les deux versions disposent d’un combiné d’instrumentation numérique de 12,3 pouces, du système Toyota Smart Connect+ avec écran tactile de 12,3 pouces, d’un volant chauffant, d’une climatisation automatique bizone et du système Drive Mode Select. Toyota ne cherche donc pas à transformer le Land Cruiser en objet lifestyle soigneusement poli. La gamme s’élargit plutôt dans son spectre: d’un côté, un tout-terrain sérieux, solidement arrimé à son histoire; de l’autre, un vaisseau amiral plus orienté vers le confort, taillé pour le quotidien, le voyage et les longues étapes.
Le chapitre mécanique mérite lui aussi d’être souligné. Le nouveau Land Cruiser n’arrive pas comme un modèle électrique, mais avec une hybridation légère de 48 volts. Cette électrification doit rendre la conduite plus douce et plus raffinée, aussi bien sur route qu’en dehors, sans modifier fondamentalement la nature du véhicule. Le Land Cruiser reste donc ce qu’il est depuis des décennies: un vrai tout-terrain. Simplement un tout-terrain qui ne sent plus uniquement l’atelier et le coffre à outils, mais aussi un peu le premium.
La nouvelle gamme sera introduite en Europe à partir du printemps 2026. En Suisse, elle s’accompagne d’une garantie activée par le service pouvant aller jusqu’à dix ans ou 185’000 kilomètres, assistance 24/7 comprise. Voilà qui correspond assez bien à la nature même de ce véhicule: le Land Cruiser n’a jamais été un bluffeur. Il a toujours donné le meilleur de lui-même quand les choses devenaient sérieuses. Et c’est précisément ce que Toyota remet aujourd’hui en lumière.