Par Dennis Schneider
Celles et ceux qui prendront la route vers le sud cet été avec un chien, un chat ou un furet ne devraient pas seulement penser à la laisse, à la gamelle et à la couverture préférée. Un coup d’œil au passeport pour animal de compagnie s’impose aussi. Et oui: les furets. Ces petits acrobates de salon, vifs et curieux, figurent bel et bien dans la liste officielle des compagnons de voyage reconnus par les règles européennes. Chiens, chats, furets: Bruxelles a parfois l’art très administratif de décrire le bonheur à quatre pattes.
L’Union européenne a réorganisé ses règles relatives aux voyages avec des animaux de compagnie. Pour la plupart des Suisses, cela ne bouleverse pas tout. Mais cela change suffisamment de choses pour qu’un départ en vacances ne se transforme pas, à la frontière, en tête-à-tête tendu avec un chien parfaitement réveillé, un chat vexé ou un furet étonnamment prêt pour l’aventure.
La bonne nouvelle d’abord: le passeport suisse pour animal de compagnie reste reconnu pour les voyages dans l’Union européenne. Quiconque part avec son chien ou son chat vers l’Italie, la France, l’Autriche ou plus loin encore, en direction de la mer, n’a donc pas besoin d’un nouveau document européen. La Suisse fait partie des pays dont les passeports pour animaux sont acceptés à l’entrée dans l’UE. Pour les propriétaires suisses, les formalités restent donc raisonnables – à condition que les documents soient complets et à jour.
Le minimum indispensable ne change pas: passeport pour animal de compagnie, puce électronique et vaccination antirabique valable. Cela vaut pour les chiens, les chats et les furets. La puce doit pouvoir être lue, la vaccination contre la rage doit être correctement inscrite dans le passeport et être valable au moment du voyage. En cas de jeune animal ou de rappel effectué peu avant le départ, mieux vaut vérifier les délais: après une première vaccination, la protection n’est pas immédiate. En la matière, organiser ses vacances «au feeling» reste une méthode assez risquée.
Le nombre d’animaux transportés est désormais davantage dans le viseur. Pour les voyages non commerciaux avec des chiens, des chats ou des furets, la limite est en principe fixée à cinq animaux au maximum. Bruxelles entend ainsi distinguer plus clairement le départ en vacances privé du transport commercial d’animaux. Pour une famille avec un labrador, un chat et un coffre déjà bien occupé, cela ne change pas grand-chose. Pour les éleveurs, les propriétaires de plusieurs chiens, les sportifs canins ou les amoureux des bêtes qui voyagent avec une demi-arche de Noé, les choses peuvent vite devenir plus complexes.
Transporter plus de cinq animaux n’est pas impossible. Des exceptions existent, par exemple pour les concours, les expositions, les manifestations sportives ou les entraînements liés à ces événements. Il faut alors pouvoir présenter une preuve écrite, et les animaux doivent avoir plus de six mois. Sans ce justificatif, le voyage ne relève plus simplement de la sphère privée. Commence alors cette partie que personne n’inscrit volontiers dans son programme de vacances: l’administration avec poils en supplément.
La question de la personne qui voyage avec l’animal compte elle aussi. Les nouvelles règles européennes précisent que l’animal doit voyager avec son propriétaire ou sous sa responsabilité. S’il est transporté par une autre personne, le propriétaire doit lui aussi voyager dans un délai proche, généralement dans les cinq jours précédant ou suivant le déplacement de l’animal. Une déclaration écrite peut être nécessaire. Autrement dit, celui qui emmène «juste rapidement» le chien de connaissances de l’autre côté de la frontière ferait mieux de savoir exactement dans quoi il s’engage.
Le sujet devient particulièrement important lorsque le voyage ne se limite pas à l’Union européenne, mais se poursuit au-delà. L’Italie ou la France restent généralement des destinations simples. La situation peut changer si l’itinéraire mène ensuite vers un pays tiers, par exemple certaines régions des Balkans, la Turquie ou l’Afrique du Nord. Dans ce cas, ce n’est pas seulement la sortie qui compte, mais surtout le retour. Selon le pays, un certificat sanitaire, des justificatifs supplémentaires ou un test de titrage des anticorps antirabiques peuvent être exigés. Découvrir cela à la frontière est rarement une expérience que l’on règle par un bref appel au vétérinaire.
L’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires, l’OSAV, recommande donc de vérifier suffisamment tôt les dispositions applicables dans le pays de destination. Depuis le 22 avril 2026, de nouveaux modèles de certificats s’appliquent par ailleurs aux animaux de compagnie provenant de pays tiers. Les anciens modèles restent utilisables pendant une période transitoire, mais pour les voyages hors de l’espace européen, un contrôle attentif s’impose. La règle est simple: plus on s’éloigne de la destination classique des vacances européennes, moins il faut improviser.
Au-delà des papiers, le transport en voiture demeure un chapitre à part entière. En Suisse, il n’existe pas de formule aussi simple que «le chien doit être attaché». Il n’en reste pas moins qu’un animal ne doit ni distraire le conducteur ni devenir un danger en cas de freinage. Le chien n’a pas sa place sur les genoux, le chat ne devrait pas circuler librement sur la banquette arrière, et un furet dans l’espace pour les pieds n’est pas une fantaisie charmante, mais une très mauvaise idée.
Les solutions les plus sûres restent les caisses de transport solides, les grilles de séparation ou les systèmes de retenue adaptés. L’animal doit disposer d’assez d’espace pour se tenir debout, s’asseoir et se coucher normalement. En été s’ajoute un autre risque: la chaleur. Même lorsque les températures semblent supportables, une voiture peut rapidement devenir un piège. Un arrêt au soleil, une vitre entrouverte et la petite phrase «j’en ai pour cinq minutes» forment une combinaison que l’on sous-estime encore trop souvent. Pour l’humain, c’est une pause. Pour l’animal, cela peut devenir vital.
Avant de partir cet été avec un animal de compagnie, trois vérifications s’imposent donc: les documents, l’itinéraire, la sécurité à bord. Dans le passeport, le numéro de la puce et la vaccination antirabique doivent être corrects. Si le voyage dépasse les frontières de l’Union européenne, les conditions de retour doivent être connues avant le départ. Et dans la voiture, l’animal doit être installé de manière à ne pas se transformer en projectile à fourrure lorsque le trafic du Gothard décide, une fois de plus, d’écrire ses propres règles.
Les nouvelles règles européennes ne sont pas une raison de céder à la panique. Elles rappellent simplement que les vacances avec un animal ne commencent pas à la première aire d’autoroute. Pour la plupart des Suisses, voyager avec un chien, un chat et – qui l’aurait cru – un furet reste simple. Mais simple ne veut pas dire secondaire. Ceux qui préparent correctement leur départ roulent plus sereinement. Les autres risquent de redécouvrir, à la frontière, une vieille vérité: la bureaucratie n’aboie pas. Elle mord tout de même.
Base factuelle: l’Union européenne confirme que le passeport pour animal de compagnie concerne les chiens, les chats et les furets, et que les animaux venant de Suisse peuvent entrer dans l’UE avec un passeport suisse pour animal de compagnie. L’OSAV mentionne également le passeport, la puce électronique et la vaccination antirabique valable comme exigences de base pour les chiens, les chats et les furets. Des conditions particulières s’appliquent en outre aux animaux provenant de pays tiers; pour les voyages privés, la limite est en principe fixée à cinq animaux.